Mécréants (dixit Jean-Pierre Cescosse)

Publié le par Tamara

  • Au bord de l'autoroute

Non, cette histoire ne se déroule pas sur l'A13 et encore moins sur l'A86. Mon titre fait seulement allusion au fait que j'ai failli abandonner la lecture de ce livre au bout des 30 première pages. Puis, je me suis souvenue de la fameuse règle du "couperet" et j'ai donné sa chance à ce livre jusqu'à la page 50. Mais en fait, j'ai dépassé sans m'en apercevoir la guillotine, et j'ai poursuivi mon cheminement par à-coups dans le territoire inconnu de Jean-Pierre Cescosse...

Nous voilà projetés dans un futur proche (2014), les choses ne sont guère différentes d'aujourd'hui, il y a toujours des Ipod, des ordinateurs, des bouquinistes le long des quais parisiens et surtout le Barnum, un bar de quartier à la faune particulière. On y trouve bien sûr Ravel, personnage principal de ce roman et barman confirmé de son métier. Mais il y a aussi un ex-chanteur à succès (lequel a fait 1 tube très précisément), un écrivain qui sèche depuis des mois devant sa page blanche, le Président et un pilier de bar toujours plein sans que cela n'affecte son parler etc.

Cette galerie de portraits est à la fois incongrue et homogène, tout est dans l'ambiance. Ravel est le confident bienveillant et taciturne de ses clients, certains partent dans de longs monologues sur un sujet qui leur tient à coeur. Par ailleurs, Ravel entretient une amitié avec Merz, quadragénaire et néanmoins étudiant en philosophie. Merz part souvent dans des digressions philosophiques qui laissent Ravel indifférent et me barbe un peu, mais bon, chacun ses goûts ! J'ai appris plein de choses sur le nihilisme et sur les cocktails, voilà un livre aux apprentissages éclectiques.

Ah, j'oubliais de vous parler de Marie-Claire.

Marie-Claire est la compagne de Ravel, mais hélas, elle est scientifique et part régulièrement en mission pour étudier de près les éléphants. D'où la haine ravelienne envers tout pachyderme, mort ou vif.

La dernière partie du livre - celle que j'ai préférée - permet de s'attacher à tous ces "mécréants" (dé)peuplant le Barnum. On comprend pourquoi ils ne croient plus en rien à travers les douleurs, les peurs, les ravages de la vie sur chacun d'eux.

C'est bizarre, au départ, j'ai eu l'impression que ce livre n'était pas pour moi et pourtant, je l'ai lu entièrement et je l'ai apprécié. En fait, il mérite qu'on s'y accroche malgré quelques embûches. Et puis au départ, sur les bons conseils de Cuné, je cherchais d'autres ouvrages de l'auteur (Après dissipation des brumes matinales et Manoeuvres de diversion en attendant la nuit) qui n'étaient pas à la médiathèque... Je retenterai ma chance dans quelques temps !

Publié dans Romans français

Commenter cet article

tamara 27/11/2006 17:49

Me voilà fort aise, chère Cuné, j'espère que ce roman te plaira.

Cuné 23/11/2006 19:45

Pas lu, pas lu, ce titre-là, mais je salive, là, à te lire, me fait trrrrrès envie !!